Publication : Les Sociétés multilingues à travers l’histoire du Proche-Orient

Jean-Luc Fournet (Collège de France), Jean-Michel Mouton (EPHE, UMR 7192) et Jacques Paviot (UPEC) viennent de faire paraître le deuxième volume d’une série consacrée aux civilisations en transition. Les actes de ce colloque, organisé en septembre 2015 dans le cadre du Centre international des sciences de l’homme de Byblos au Liban, portent sur les Sociétés multilingues à travers l’histoire du Proche-Orient.

Table_des_matieres_Societes_multilingues

 

Nouvelle parution de Thomas Römer : The Invention of God

Thomas Römer

The Invention of God, translated by Raymond Geuss, Cambridge, MA / London : Harvard University Press, 2015 (originally published in French as L’invention de Dieu, Les livres du nouveau monde, Paris : Edition du Seuil, 2014).

Cover: The Invention of God in HARDCOVER

320 pages, hardcover

Who invented God? When, why, and where? Thomas Römer seeks to answer these questions about the deity of the great monotheisms—Yhwh, God, or Allah—by tracing Israelite beliefs and their context from the Bronze Age to the end of the Old Testament period in the third century BCE.

That we can address such enigmatic questions at all may come as a surprise. But as Römer makes clear, a wealth of evidence allows us to piece together a reliable account of the origins and evolution of the god of Israel. Römer draws on a long tradition of historical, philological, and exegetical work and on recent discoveries in archaeology and epigraphy to locate the origins of Yhwh in the early Iron Age, when he emerged somewhere in Edom or in the northwest of the Arabian peninsula as a god of the wilderness and of storms and war. He became the sole god of Israel and Jerusalem in fits and starts as other gods, including the mother goddess Asherah, were gradually sidelined. But it was not until a major catastrophe—the destruction of Jerusalem and Judah—that Israelites came to worship Yhwh as the one god of all, creator of heaven and earth, who nevertheless proclaimed a special relationship with Judaism.

A masterpiece of detective work and exposition by one of the world’s leading experts on the Hebrew Bible, The Invention of God casts a clear light on profoundly important questions that are too rarely asked, let alone answered.

Thomas Römer is Professor of the Hebrew Bible at the Collège de France and Professor at the University of Lausanne.

Raymond Geuss is Emeritus Professor in the Faculty of Philosophy at the University of Cambridge.

http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674504974

 

Nouvelle parution de Thomas Römer : Moïse en version originale. Enquête sur le récit de la sortie d’Egypte (Exode 1-15)

Thomas Römer

Moïse en version originale. Enquête sur le récit de la sortie d’Egypte (Exode 1-15), Domaine biblique, Montrouge : Bayard / Genève : Labor et Fides, 2015,

288 pages, broché

Qui était Moïse ? De nombreuses réponses sont possibles, rappelle ici Thomas Römer, un des meilleurs spécialistes de l’Exode et du Pentateuque. Prophète, législateur, intercesseur, libérateur… il n’hésite pas à tuer de ses propres mains ceux qui se révoltent contre les lois qu’il a transmises au nom de son Dieu. Il libère son peuple de l’esclavage, il est le premier à recevoir le nom de Dieu… Il appartient à plusieurs cultures. Freud dira : « Moïse a inventé le Juif. » Dans cet essai, Thomas Römer nous introduit à la lecture des mystères du personnage en suivant le récit du livre de l’Exode dont il donne une traduction personnelle et originale. Il présente et discute avec brio les thèses et les hypothèses les plus récentes des biblistes, des historiens et des archéologues. Ce livre transmet ainsi une véritable culture de Moïse, biblique à travers le texte hébraïque, mais aussi archéologique et historique, artistique, philosophique… Le récit de la libération d’Egypte fait l’objet d’une étude particulière, avec de nouvelles interprétations.

Thomas Römer, Professeur au Collège de France (Chaire des Milieux bibliques) et à l’Université de Lausanne (Bible hébraïque). Il est directeur de l’équipe UMR 7192 depuis 2012.

http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=687234

Parution de Recherches en Haute-Mésopotamie II

Vient de paraître : L. Marti, Ch. Nicolle &  K. Shawaly (éd.) L., Recherches en Haute-Mésopotamie II. Mission archéologique de Bash Tapa (campagnes 2012-2013) et les enjeux de la recherche dans la région d’Erbil, Mémoires de NABU 17, Paris, 2015, ix + 219 pages (ISBN : 978-2-9538653-3-2)

Présentation (p. i-ix)

Table_des_matières (p. 219)

Pour commander : http://sepoa.fr/?page_id=27

Nouvelle parution: Tabou et transgressions. Actes du colloque organisé par le Collège de France, Paris, les 11-12 avril 2012

Jean-Marie Durand, Michaël Guichard, Thomas Römer (éds.)

Tabou et transgressions. Actes du colloque organisé par le Collège de France, Paris, les 11-12 avril 2012, OBO 274, Fribourg : Academic Press, Göttingen : Vandhoeck&Ruprecht, 2015.

324 pages, relié

Ce colloque a réuni biblistes, assyriologues, et spécialistes de l’antiquité pour traiter de la question du tabou et des transgressions, à partir de leurs disciplines et à travers leurs corpus de référence : Bible, Mésopotamie, Grèce antique, Egypte ancienne, période mamelouke… Les contributions font d’une part ressortir l’absence d’un terme qui équivaudrait au mot « tabou », initialement emprunté par les anthropologues du siècle dernier aux langues polynésiennes. Il semble cependant que plusieurs caractéristiques rattachées à ce concept soient récurrentes dans les sociétés abordées.

Ainsi, plusieurs communications ont relevé l’importance des interdits alimentaires comme marqueurs identitaires. Ces « manières de table », tel que l’interdit du sang dans l’ancien Israël, permettent en effet au groupe d’établir ses propres limites « de l’intérieur », et de définir ses modes d’appartenance et de reconnaissance. Il arrive également que les régimes alimentaires servent à décrire le groupe de l’extérieur. Cela peut s’avérer injustifié et caricatural, comme dans le cas du régime sans porc attribué aux égyptiens par Hérodote, ou au contraire refléter une réalité socio-historique à l’image des Amorites, peuple nomade mangeurs de truffes du désert et de viande crue. La fonction identitaire des régimes alimentaires est également mise en valeur lors des rencontres interethniques où les groupes minoritaires, comme les juifs à la période hellénistique, sont obligés d’adapter leur pratique pour éviter leur exclusion des cercles d’influence de la cité.

Les relations sexuelles sont un domaine où les lois ont peu d’emprise et où les tabous permettent de définir les limites. Il a ainsi été question de la prostitution dans l’ancien Israël et de l’utilisation métaphorique de la prostitution dans le discours prophétique, du problème des mariages interethniques qui brouillent les frontières de la communauté, ou encore de la possibilité dans des situations exceptionnelles de braver des interdits fondamentaux comme celui de l’inceste afin de préserver d’autres valeurs du groupe.

On a également abordé des « tabous de contact » qui caractérisent des lieux exclusifs, comme un sanctuaire ou la maison d’une grande prêtresse, et dont l’entrée est réservée aux seuls initiés. Certains objets, tels que les butins de guerre, ou certaines personnes, tels que les premiers-nés, se voient attribuer un caractère sacré qui implique leur mise à l’écart du groupe. Inversément, leur « mise en contact » est conditionnée par l’observation d’un rituel ou de postures qui assurent la protection du reste du groupe.

La compréhension des interdits et des différentes formes de régulation nécessite la prise en compte du contexte économique et social dans lequel ils se développent ainsi que de l’imaginaire collectif auquel ils se réfèrent. Les Assyriens opèrent ainsi une distinction fondamentale entre le volontaire et l’involontaire. La prise en compte de fautes involontaires permet d’expliquer toute forme de malheur dont l’origine remonte au comportement de celui qui en est atteint. Ce sens de la responsabilité engendre de nouveaux interdits fixés par la science hémérologique, qui détermine les jours fastes et néfastes dont la connaissance permet de limiter les fautes inconscientes. Les textes fondateurs du judaïsme de l’époque perse expriment quant à eux un idéal où le droit serait placé sous l’autorité du temple. La loi du talion et les peines de mutilation qu’elle implique relève alors plus d’une construction idéologique que de la réalité historique.

 

This colloquium brought together biblical scholars, Assyriologists and scholars of Antiquity to discuss the question of taboo and its transgressions, from the perspective of their disciplines and through their particular corpus of texts: Bible, literary or archeological evidences from Mesopotamia, Ancient Greece, Ancient Egypt and the Mamelouk period… On the one side, the contributions highlight the absence of a term that would be the equivalent of the word “taboo