Projet « Histoire de l’assyriologie française »

Ce projet, qui n’a fait l’objet d’aucun financement spécifique, est mené dans le cadre de ma chaire au Collège de France depuis 2018. Il a déjà abouti à quatre publications :
– D. Charpin, « Les archives royales de Mari, 85 ans de recherche », Claroscuro. Revista del Centro de Estudios sobre Diversidad Cultura 18/2, 2019, p. 1-46
 (http://ppct.caicyt.gov.ar/index.php/claroscuro/article/view/17255/45454575769551) ;
– D. Charpin, « L’assyriologie à l’École pratique des hautes études et au Collège de France », dans J.-L. Fournet (éd.), Ma grande église et ma petite chapelle. 150 ans d’affinités électives entre le Collège de France et l’ École pratique des hautes études, Passages des disciplines, Paris, 2020, p. 119-145 (https://doi.org/10.4000/books.cdf.10299) ;
– D. Charpin, « L’élection du P. Scheil au Collège de France en 1905 », dans A. Azzoni, A. Kleinerman, D. A. Knight & D. I. Owen (éd.), From Mari to Jerusalem and Back: Assyriological and Biblical Studies in Honor of Jack Murad Sasson, University Park, Pennsylvania, 2020, p. 26-68 ;
– D. Charpin, « Philippe Jolivald, traducteur des Epigrammata du P. Scheil », dans U. Gabbay & J.-J. Pérennès (éd.), Des polythéismes aux monothéismes. Mélanges d’Assyriologie offerts à Marcel Sigrist, Études Bibliques. Nouvelle Série 82, Paris, 2020, p. 306-307.

            Il a donné lieu à une série de cours au Collège de France en 2020-21, intitulée « Éléments pour une histoire de l’assyriologie », dont les vidéos sont accessibles en libre accès sur le site du Collège de France :
https://www.college-de-france.fr/site/dominique-charpin/p51331976203981565_content.htm
           Il a abouti au livre De Ninive à Paris (1842-1976). À la découverte des civilisations mésopotamienne, Docet omnia 8, Paris, (sous presse, à paraître début 2022), qui sera prolongé par cinq autres contributions :
– D. Charpin, « Hammurabi “roi terrible” et l’énigme de Philippe Selk », dans un volume collectif à paraître ;
– « Le département d’Archéologie orientale du Louvre : assyriologues et fouilles en Mésopotamie (1881-1933) », communication aux Journées d’études organisées par A. Thomas et H. Le Meaux, « 1881-2021 : le département des Antiquités orientales du Louvre a 140 ans », Louvre et Collège de France, Paris, 29-30 septembre 2021 ;
– « La Société Asiatique et la naissance de l’Assyriologie (1842-1914) », Colloque du Bicentenaire de la Société Asiatique, Paris, janvier 2022 ;
– « Les ecclésiastiques français et l’Assyriologie (1880-1940) », communication au colloque « The Spirit of Scholarship: The Roman Catholic Background of Ancient Near Eastern and Biblical Studies and Its Legacy », Jérusalem, décembre 2022
– « Le sumérien, ancêtre de la langue turque ? La réception des idées d’Hilaire de Barenton à l’époque d’Atatürk » (en collaboration avec Ö. Türesay), à paraître dans le Journal Asiatique.

            Ce projet aboutira à un colloque en 2024 à l’occasion des 150 ans de la création de la chaire de « Philologie et archéologie assyriennes » au Collège de France, qui coïncide presque avec le bicentenaire de la naissance de son titulaire, Jules Oppert (1825-1905).

Les tables du pouvoir. Une histoire des repas de prestige (catalogue d’une exposition)

L’exposition Les tables du pouvoir a été présentée au musée du Louvre-Lens du 31 mars au 26 juillet 2021. Elle est prolongée sous la forme d’un catalogue édité par Z. Gourarier et al. (éd.), Les tables du pouvoir. Une histoire des repas de prestige, Lens/Paris, 2021 auquel plusieurs membres de notre UMR, titulaires ou associés, ont participé. D’abord sous forme de trois articles :
– D. Charpin, « Le service des dieux », p. 46-49
– N. Ziegler, « Les banquets dans le royaume de Mari », p. 96-99
– L. Marti, « Le banquet du souverain universel », p. 120-125
mais aussi de plusieurs encadrés :
– A. Jacquet, « Honorer les rois défunts », p. 60-61
– V. Matoïan, « Banquets au royaume d’Ugarit », p. 72-74
– V. Chalendar, « Les tablettes culinaires de Yale : un avant-goût de la cuisine mésopotamienne », p. 102-105
– G. Chambon, « Le vin à la table des rois en Mésopotamie », p. 114-115
– M. Guichard, « Les vases zoomorphes au Proche-Orient ancien », p. 130-132
Ainsi que de nombreuses notices.

Publication de ARCHIBAB 4

Fin décembre est paru le livre de D. Charpin, M. Béranger, B. Fiette, A. Jacquet, avec la collaboration de N. Ait Said-Ghanem & V. Chalendar, ARCHIBAB 4. Nouvelles recherches sur les archives d’Ur d’époque paléo-babylonienne, Mémoires de NABU 22, Paris, 2020

Pour acheter le livre, cf. https://sepoa.fr/produit/2020-archibab-4/
Pour télécharger le pdf GRATUITEMENT, cf. https://sepoa.fr/produit/2020-memoires-de-nabu-22-pdf/ Continuer la lecture

ASH SHARQ 2020/1-2

Le volume 4 d’Ash Sharq est publié: il comprend les deux numéros 1 et 2 de l’année. Disponible en abonnement ou en achat chez Archaeopress, le volume est très intéressant.

Dans le préambule la directrice de la publication, Laura Battini, fait le point sur ces premières quatre années, rappelle aux jeunes chercheurs qu’il faut viser la qualité et non la quantité des articles publiés, demande une plus grande participation féminine et se félicite de premiers trois articles en farsi qu’elle a reçu et publié dans ce numéro.
Ce sont justement ces trois articles en farsi qui ouvrent le volume: il s’agit de comptes rendus des fouilles à Shahr-i-Shokhta, en Iran, par Enrico Ascalone, Hssein Moradi et Seyed Mansur Seyed Sajjadi qui est le Directeur de la mission de Shahr i Sokhta. Le journal, en effet ne publie qu’en anglais et dans les langues aujourd’hui parlées au Proche-Orient (turc, farsi, arabe, kurde, hébreu…). Mettre sur le même plan  la langue internationale et les les langues aujourd’hui parlées au Proche-Orient sert à faire tourner la page d’un passé colonialiste dont nous sommes pas fiers.

À part un article sur Hama (en Syrie), concernant un palais ottomane très peu étudié et même connu, détruit malheureusement en 1982 suite aux événements politiques, le reste du volume est dédié à la Mésopotamie. Deux articles sont les comptes-rendus de missions au Kurdistan Irakien: la mission de Jesper Eidem poursuit ses recherches dans la plaine Rania avec des découvertes toujours surprenantes et une nouvelle opération prometteuse (Kandara Qal) sous la responsabilité de Rita Dolce s’est ouverte depuis deux ans  au sein de la mission dirigée par Maria-Grazia Masetti-Rouault.

Deux articles sont plus philologiques: Ran Zadok les continue les investigations sur la toponymie de Judée et l’anthroponymie de la Babylonie entre les époques néo-assyrienne et hellénistique qui révèle la présence de personnes portant de noms arabes. Pierre Villard s’intéresse aux textes historiografiques mésopotamiens pour voir comment les événements politiques néo-assyriens ont influencé la réinterprétation du passé. Ce n’est pas un hasard, donc, que la Chronique de l’Esagil et probablement aussi la Chronique des Premiers Rois ont été composées à la fin de l’empire néo-assyrien, quand la bibliothèque de Ninive s’est constituée.

Toujours à propos de l’époque néo-assyrienne est l’un des deux articles de Ludovico Portuese, qui montre combien les problèmes de protection magique du palais étaient importants et ont transformé donc ses entrées en lieu de rituels spécifiques. L’autre article du même auteur nous rappelle combien la richesse de lectures des oeuvres du passé doit se réfléchir aussi sur les méthodes utilisées aujourd’hui par les chercheurs: c’est un stimulant avertissement à sonder des nouvelles voies pour mieux comprendre le passé.

Bonne lecture!

Vous pouvez vous abonner en cliquant ici