ASH SHARQ 2020/1-2

Le volume 4 d’Ash Sharq est publié: il comprend les deux numéros 1 et 2 de l’année. Disponible en abonnement ou en achat chez Archaeopress, le volume est très intéressant.

Dans le préambule la directrice de la publication, Laura Battini, fait le point sur ces premières quatre années, rappelle aux jeunes chercheurs qu’il faut viser la qualité et non la quantité des articles publiés, demande une plus grande participation féminine et se félicite de premiers trois articles en farsi qu’elle a reçu et publié dans ce numéro.
Ce sont justement ces trois articles en farsi qui ouvrent le volume: il s’agit de comptes rendus des fouilles à Shahr-i-Shokhta, en Iran, par Enrico Ascalone, Hssein Moradi et Seyed Mansur Seyed Sajjadi qui est le Directeur de la mission de Shahr i Sokhta. Le journal, en effet ne publie qu’en anglais et dans les langues aujourd’hui parlées au Proche-Orient (turc, farsi, arabe, kurde, hébreu…). Mettre sur le même plan  la langue internationale et les les langues aujourd’hui parlées au Proche-Orient sert à faire tourner la page d’un passé colonialiste dont nous sommes pas fiers.

À part un article sur Hama (en Syrie), concernant un palais ottomane très peu étudié et même connu, détruit malheureusement en 1982 suite aux événements politiques, le reste du volume est dédié à la Mésopotamie. Deux articles sont les comptes-rendus de missions au Kurdistan Irakien: la mission de Jesper Eidem poursuit ses recherches dans la plaine Rania avec des découvertes toujours surprenantes et une nouvelle opération prometteuse (Kandara Qal) sous la responsabilité de Rita Dolce s’est ouverte depuis deux ans  au sein de la mission dirigée par Maria-Grazia Masetti-Rouault.

Deux articles sont plus philologiques: Ran Zadok les continue les investigations sur la toponymie de Judée et l’anthroponymie de la Babylonie entre les époques néo-assyrienne et hellénistique qui révèle la présence de personnes portant de noms arabes. Pierre Villard s’intéresse aux textes historiografiques mésopotamiens pour voir comment les événements politiques néo-assyriens ont influencé la réinterprétation du passé. Ce n’est pas un hasard, donc, que la Chronique de l’Esagil et probablement aussi la Chronique des Premiers Rois ont été composées à la fin de l’empire néo-assyrien, quand la bibliothèque de Ninive s’est constituée.

Toujours à propos de l’époque néo-assyrienne est l’un des deux articles de Ludovico Portuese, qui montre combien les problèmes de protection magique du palais étaient importants et ont transformé donc ses entrées en lieu de rituels spécifiques. L’autre article du même auteur nous rappelle combien la richesse de lectures des oeuvres du passé doit se réfléchir aussi sur les méthodes utilisées aujourd’hui par les chercheurs: c’est un stimulant avertissement à sonder des nouvelles voies pour mieux comprendre le passé.

Bonne lecture!

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Fin du projet « ana ûsî šapârum : Écrire selon les règles en Mésopotamie »

Le projet « ana ûsî šapârum : Écrire selon les règles en Mésopotamie » dirigé par M. Béranger et financé par Scripta-PSL en 2019 a officiellement pris fin. Grâce à ce projet, il est désormais possible d’exporter les milliers de textes « lemmatisés » dans la base de données Archibab (http://www.archibab.fr) pour obtenir des fichiers au format .xml enrichis d’une annotation linguistique. Un premier lot de textes annotés sera mis en ligne sur la plateforme Ortolang (https://www.ortolang.fr/) dans un proche futur.

Les fichiers produits dans le cadre de ce projet peuvent par exemple être utilisés pour comparer le vocabulaire des textes administratifs / lettres / textes juridiques, connaître la manière dont un mot était orthographié dans différentes villes / à différentes époques, ou encore connaître les différentes lectures d’un même signe cunéiforme. Pour un exemple de recherche possible, cf. M. Béranger, «Glimpses of the Old Babylonian Syllabary. Followed by Some Considerations on Regional Variations and Training in Letter-Writing», in J. Klinger & S. Fischer (éd.), BBVO 28, 2019, p. 17-38

Le logiciel «TXM», développé à l’ENS de Lyon, est recommandé pour travailler sur ces fichiers, car il est compatible avec le .xml et offre de nombreux outils statistiques (http://textometrie.ens-lyon.fr) — mais d’autres logiciels peuvent bien sûr être utilisés.

 

Scripta-PSL est une initiative de recherches stratégiques et interdisciplinaires (IRIS) qui réunit les chercheurs travaillant sur l’histoire et les pratiques de l’écrit.

Un grand merci à Scripta-PSL, au Prof. Dominique Charpin (qui a créé et gère la base de données Archibab) et à tous ceux qui ont été associés à ce projet.

Scripta Beranger 2019 Poster de fin

Le Professeur Dominique Charpin à l’honneur

Dominique Charpin, Professeur au Collège de France titulaire de la chaire « Civilisation mésopotamienne » et membre de notre UMR 7192, a été choisi pour recevoir un doctorat honoris causa décerné par l’Université de Chicago. Il recevra son titre lors de la prochaine convention de l’Université de Chicago, qui aura lieu en 2021.

Toutes nos félicitations au Professeur Dominique Charpin !

https://news.uchicago.edu/story/university-chicago-award-six-honorary-degrees-2021-convocation

Télécharger les tomes 1 et 2 d’ARM 26

Les volumes Archives Royales de Mari 26/1 et 26/2 sont épuisés depuis longtemps. Grâce au travail de Juliette Mas, financé par des vacations de l’UMR 7192, ils ont été scannés (avec OCR) et sont désormais gratuitement disponibles :
– ARM 26/1 (J.-M. Durand) [64,2 MB] :
<http://www.archibab.fr/archidoc/ARM_26_1.pdf>
– ARM 26/2 (D. Charpin, F. Joannès, S. Lackenbacher & B. Lafont) [29,4
MB] : <http://www.archibab.fr/archidoc/ARM_26_2.pdf>