Josette Elayi, Histoire de la Phénicie, Editions Perrin, juin 2013

L’histoire des Phéniciens, à la fois explorateurs et commerçants, est peu connue : quel paradoxe pour ce peuple, ingénieux inventeur de l’alphabet, d’avoir transmis aussi peu de traces écrites ! Leur littérature notée sur des papyrus a disparu. Et pourtant cette civilisation a fait rêver ses contemporains – juifs notamment, les a effrayés parfois à l’instar des Romains et des Grecs qui en firent des êtres cruels pratiquant le sacrifice humain. Leurs clients sont pharaons, assyriens, et leurs navires sillonnent la Méditerranée chargés de produits de luxe et courants comme du vin, de l’huile, du blé, des minerais….J. Elayi ressuscite la Phénicie antique, ensevelie sous les villes modernes du Liban et quelques-unes de Syrie et d’Israël. Elle fait revivre cette zone privilégiée de contacts entre l’Orient et l’Occident, ses célèbres comptoirs comme Carthage ou Bizerte et ses cités phares (Byblos, Tyr, Sidon, Arwad et les autres). Écrit par la plus grande spécialiste française de l’histoire de la Phénicie, au fait des derniers développements de la recherche, ce livre se lit comme un roman.
Pour comprendre la genèse de ce pays, l’auteur commence son récit avant sa fondation, en 1200, pour montrer ce qui s’est joué dans cette région lorsqu’elle était peuplée par les proto-Phéniciens. Le temps de sa splendeur s’écoule sur plusieurs siècles jusqu’en 883 durant lesquels la Phénicie s’épanouit lors d’une exceptionnelle période d’indépendance. Puis la Phénicie passera tour à tour sous la domination de l’Empire assyrien de 883 à 610, puis sous la coupe de l’Empire babylonien de 610 à 539 et enfin sous la domination perse de 539 à 332. C’est la date à laquelle on arrête traditionnellement son histoire car elle est conquise par Alexandre de Grand et intégrée dans le monde grec hellénistique.